Choisir un cadeau d’anniversaire, comparer deux smartphones, sélectionner une destination de vacances ou encore préparer ses courses. Pendant longtemps, ces décisions étaient influencées par les conseils de proches, les recommandations de vendeurs ou les avis trouvés sur Internet. Aujourd’hui, un nouvel acteur s’impose progressivement dans ce processus : l’intelligence artificielle.
Selon une étude menée par Accenture auprès de consommateurs français, 58 % des répondants déclarent faire davantage confiance à une IA qu’à leur meilleur ami lorsqu’il s’agit de prendre une décision d’achat.1 Un chiffre qui illustre l’évolution rapide de la relation entre les consommateurs et les outils d’IA générative comme ChatGPT, Gemini ou Claude.
Cette tendance ne signifie pas que les Français abandonnent totalement leur libre arbitre. Mais elle montre que l’intelligence artificielle devient progressivement un nouveau moteur de recommandation capable d’influencer les choix du quotidien.
Quand l’IA devient un conseiller personnel
L’essor des modèles d’IA générative a profondément modifié la manière dont les consommateurs recherchent des informations.
Jusqu’à récemment, un achat impliquait généralement plusieurs étapes : consulter des comparateurs, lire des avis, demander conseil à son entourage ou effectuer des recherches sur différents sites.
Aujourd’hui, une simple question adressée à ChatGPT, Gemini ou Claude peut produire en quelques secondes une synthèse personnalisée prenant en compte les besoins de l’utilisateur.
L’IA peut notamment :
- comparer plusieurs produits ;
- analyser des centaines d’avis clients ;
- proposer des recommandations adaptées à un budget ;
- identifier les meilleures offres disponibles ;
- suggérer des alternatives pertinentes.
Cette capacité à simplifier la prise de décision explique en partie pourquoi de plus en plus de consommateurs intègrent l’IA dans leurs habitudes d’achat.
58 % des Français font davantage confiance à l’IA qu’à leur meilleur ami
Le résultat le plus marquant de l’étude Accenture concerne la confiance accordée à l’intelligence artificielle.
Selon les données publiées, 58 % des Français interrogés estiment qu’ils feraient davantage confiance à une IA qu’à leur meilleur ami lorsqu’il s’agit d’obtenir un conseil d’achat.1
Ce chiffre peut paraître surprenant à première vue. Pourtant, plusieurs facteurs permettent de l’expliquer.
Contrairement à un proche, l’IA est perçue comme :
- disponible à tout moment ;
- capable de traiter une grande quantité d’informations ;
- moins influencée par des préférences personnelles ;
- plus objective dans certaines situations.
Pour de nombreux consommateurs, l’intelligence artificielle devient ainsi un outil capable de réduire l’incertitude au moment de choisir.
Cette évolution témoigne également de la confiance croissante accordée aux systèmes d’IA dans les tâches de recommandation et d’aide à la décision.
Les Français gardent toutefois le contrôle
L’étude montre cependant que cette confiance possède des limites.
Si 58 % des répondants sont prêts à suivre les recommandations d’une IA, seuls 26 % accepteraient de lui confier la décision finale avant l’achat.1
Le chiffre devient encore plus faible lorsqu’il s’agit d’automatiser totalement la transaction.
À peine 10 % des Français se déclarent prêts à laisser une intelligence artificielle finaliser un achat de manière autonome.
Ces résultats révèlent une distinction importante entre assistance et délégation.
Les consommateurs semblent apprécier la capacité de l’IA à analyser et recommander. En revanche, ils souhaitent conserver le contrôle de la décision finale et du paiement.
Cette nuance reflète l’état actuel de la relation entre l’humain et l’intelligence artificielle : l’IA est perçue comme un conseiller, mais pas encore comme un décideur.
Les marques s’adaptent à cette nouvelle réalité
Face à cette évolution des comportements, de nombreuses entreprises commencent à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs parcours clients.
Dans le secteur du commerce, l’objectif consiste à rendre l’expérience d’achat plus simple, plus rapide et plus personnalisée.
Carrefour, par exemple, a déjà expérimenté l’intégration de ChatGPT dans certains services afin d’aider les consommateurs à :
- trouver des idées de recettes ;
- vérifier la disponibilité d’un produit ;
- préparer un panier de courses ;
- sélectionner un mode de livraison.
L’IA devient ainsi une interface conversationnelle capable d’accompagner le client tout au long de son parcours.
Cette transformation pourrait modifier profondément la manière dont les enseignes interagissent avec leurs consommateurs dans les années à venir.
Une tendance encore plus forte à l’échelle mondiale
Les résultats observés en France sont impressionnants, mais ils deviennent encore plus marquants lorsqu’on examine les données mondiales.
L’étude internationale d’Accenture a été réalisée auprès de plus de 25 000 consommateurs répartis dans 16 pays.1
À l’échelle mondiale :
- 74 % des répondants déclarent faire davantage confiance à une IA qu’à leur meilleur ami pour un achat ;
- 32 % accepteraient qu’une IA prenne la décision finale ;
- 9 % seraient prêts à laisser une IA réaliser une transaction de manière autonome.
Ces chiffres montrent que l’adoption de l’intelligence artificielle dans les décisions d’achat constitue une tendance mondiale qui dépasse largement le marché français.
Selon Accenture, les consommateurs sont confrontés à une surcharge d’informations, à une multiplication des choix et à un manque de temps croissant. Dans ce contexte, l’IA apparaît comme un moyen de simplifier les décisions et de réduire la complexité du parcours d’achat.1
L’IA devient le nouveau bouche-à-oreille numérique
Historiquement, le bouche-à-oreille a toujours joué un rôle majeur dans le commerce.
Les recommandations des proches, de la famille ou des collègues influençaient fortement les décisions d’achat.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle semble progressivement occuper une partie de cette fonction.
Grâce à sa capacité à analyser des milliers de données en temps réel, elle peut fournir des recommandations personnalisées qui ressemblent de plus en plus à un conseil humain.
Cette évolution est renforcée par la montée en puissance de l’IA agentique, capable non seulement de recommander, mais aussi d’exécuter certaines actions pour le compte de l’utilisateur.
À terme, les assistants numériques pourraient devenir des intermédiaires permanents entre les consommateurs et les marques.
Les enjeux éthiques d’un commerce guidé par l’IA
Cette montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les décisions d’achat soulève plusieurs questions importantes.
La première concerne la transparence des recommandations. Les utilisateurs savent-ils réellement pourquoi un produit est recommandé plutôt qu’un autre ?
La deuxième touche à l’influence commerciale. Si les systèmes d’IA deviennent des intermédiaires entre les marques et les consommateurs, comment garantir l’impartialité des conseils proposés ?
Une autre question concerne la protection des données personnelles. Pour produire des recommandations pertinentes, les modèles doivent comprendre les préférences, les habitudes et parfois même les intentions d’achat des utilisateurs.
Enfin, l’émergence d’agents IA capables de réaliser des achats de manière autonome pose la question de la responsabilité en cas d’erreur ou de décision contestée.
Le développement de ces nouveaux usages nécessitera donc un équilibre entre personnalisation, transparence et confiance.
Une nouvelle relation entre consommateurs et intelligence artificielle
L’étude d’Accenture révèle une transformation profonde des comportements de consommation.
L’intelligence artificielle n’est plus seulement un outil de productivité ou un assistant conversationnel. Elle devient progressivement un conseiller capable d’influencer des décisions très concrètes du quotidien.
Même si la majorité des consommateurs souhaitent encore conserver le contrôle final de leurs achats, les chiffres montrent que l’IA gagne rapidement en crédibilité dans le rôle de recommandation.
Le prochain défi pour les entreprises sera donc de construire des expériences capables de combiner l’efficacité des algorithmes avec la confiance et la transparence attendues par les utilisateurs.
Une chose est certaine : dans les années à venir, le conseil d’achat pourrait provenir aussi souvent d’une intelligence artificielle que d’un ami.
Pour aller plus loin
L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les décisions d’achat confirme que les consommateurs accordent une place de plus en plus importante aux recommandations générées par les algorithmes. Sur un sujet connexe, découvrez notre article « E-commerce : 31 % des cyberacheteurs français utilisent l’Intelligence Artificielle », qui analyse comment l’IA transforme déjà les habitudes de consommation en ligne, de la recherche de produits à la personnalisation de l’expérience client, en passant par les recommandations d’achat et l’assistance commerciale automatisée.
Références
1. Accenture. (2026). Me, My Brand and AI: The New World of Consumer Engagement.
https://www.accenture.com

